Ça promettait d'être une soirée tranquille. Plutôt peinarde, même.
J'étais rentré un peu plus tôt que d'habitude ("moins tard" serait plus approprié), et j'ai fait des trucs que je ne fais jamais : courses, et préparer à manger. Des Rösti, c'est pas mauvais du tout, et plutôt simple à faire.
Bref, une longue soirée de lecture de Seventh Son m'attendait.

Elle ne vint jamais.

Même pas 21h. Je m'apprêtais à m'affaler sur mon lit comme un seul homme, prêt à retrouver Alvin Miller Junior et Taleswapper.
Un léger toc-toc à la porte mit fin à mes illusions.

Six heures plus tard, j'avais :
- enlevé plusieurs litres de flotte marron clair de la douche de la propriétaire du poignet toc-toqueur (ci-après désignée par la PPTT),
- participé au défonçage de la porte d'une autre voisine qui visiblement s'était fait virer de chez elle mais qui voulait quand même rentrer dormir,
- fait connaissance avec un autre voisin aussi bavard que concerné par le problème du tuyau d'évacuation bouché,
- fait connaissance avec un voisin de dessous allergique aux infiltrations d'eau dans son plafond mais néanmoins courtois.
- pas bu de thé avec la PPTT,
- rencontré un couple complètement... heu... indescriptible,
- bu de la bière,
- bu du thé avec la PPTT,
- parlé d' hypokhâgne, de TCP/IP, de musique, de maths, de blog, d'écriture, d'hôpital, de Dee Dee Bridgewater, d'hermaphrodites, de cinéma à l'oeil, de théâtre, d'urètres, de réveil, d'adoption, de voir le loup, de camion, et de sani-broyeur.

Je ne sais pas pourquoi je m'imagine encore parfois que je peux avoir un quelconque contrôle sur ma vie. Quelle naïveté.